Fini, le leadership « à la papa » ! Le vertical, celui qui s’entend invariablement du haut vers le bas, avec des individus aux égos surdéveloppés, animés d’une forte dominante narcissique, et des techniques de management que l’on apprenait dans des écoles de commerce. Fini depuis quelques années, depuis le covid, depuis qu’on s’est rendu compte que le bon fonctionnement d’une entreprise ne tient pas seulement à des règles spécifiques à appliquer, mais aussi aux qualités profondément humaines de l’équipe.
Dans la difficulté, ce sont finalement toujours l’empathie, la confiance et la sincérité qui font la différence !
Etre humble et sincère.
Plus que jamais, deux qualités sont aujourd’hui essentielles pour être un bon leader. Tout d’abord, il s’agit de faire preuve d’humilité, ce qui implique, par exemple, d’admettre qu’on n’a pas toutes les compétences et que, parfois, il faut aller les chercher ailleurs. Mais l’humilité est difficile à montrer, il s’agit davantage d’une affaire de perception. En effet, ceux qui travaillent directement avec vous peuvent vous voir comme une personne humble, alors que d’autres auront potentiellement une vision différente. Sur ce plan, ce sont les actes, presque plus que les paroles, qui comptent.
Ensuite, il faut agir et prendre des décisions en cohérence avec sa vision personnelle. Savoir s’adapter au contexte, aux usages qui évoluent, être capable de revenir sur ses décisions si nécessaire, tout en continuant à agir en accord avec ses propres valeurs… c’est ce qu’a fait Howard Schultz lorsque son entreprise, Starbucks, était en difficulté en 2008. Alors que ses actionnaires, le conseil d’administration, ses clients avaient des injonctions toutes contradictoires, il a décidé de tenir le cap en restant fidèle à ce qu’il croyait profondément. Il choisit alors d’atteindre un point d’équilibre : satisfaire les actionnaires tout en préservant les valeurs de Starbucks et, en priorité, l’importance de la relation client. Alors que le groupe avait dilué sa marque au travers de nombreuses diversifications (loisirs, bars а musique, livres), Howard Schultz fit le pari de recentrer Starbucks sur son cœur de métier. Une stratégie de sauvetage visant à revenir à l’essence même du projet initial : faire un excellent café et créer une véritable relation avec les clients. Un leader doit savoir prendre de la hauteur à certains moments clés, quitte à se mettre en danger. Rester en poste tout en sacrifiant ses valeurs et son ambition mène à l’essoufflement, voire l’échec.
Des décisions radicales mais nécessaires.
Howard Schultz a pris des décisions fortes pour recréer un esprit d’équipe et se recentrer sur ce qui faisait l’âme du collectif Starbucks, alors que les marchés financiers attendaient de lui un résultat immédiat. Des décisions radicales mais nécessaires, comme celle de fermer des centaines de cafés. Convaincu que, même en situation de crise, il faut prendre du temps pour le collectif de l’entreprise, il maintient un meeting interne réunissant plus de 10 000 collaborateurs, et ferme pendant une journée tous les Starbucks aux Etats-Unis, pour perfectionner la maîtrise de l’expresso au sein de ses cafés.
L’exemple d’Howard Schultz montre bien que le manager de demain devra être capable de proposer, d’incarner et de faire vivre une vision qui lui est propre, jusque dans ses méthodes de travail et de collaboration avec ses équipes. Créer du lien, être а l’écoute, considérer ses collaborateurs comme des partenaires et prendre en compte leurs propositions d’amélioration, voici autant de manières d’incarner un management humble et sincère à l’heure du travail hybride.
